Travail
et santé reproductive

Certaines expo­si­tions pro­fes­sion­nelles peuvent affec­ter la fer­ti­li­té, le dérou­le­ment de la gros­sesse et le déve­lop­pe­ment de l’en­fant à naître. Cette page pré­sente les cinq grandes caté­go­ries de risques, leurs effets docu­men­tés et les mesures de pré­ven­tion adaptées.

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Risque chi­mique

Substances chimiques et reproduction

Les sub­stances chi­miques, natu­relles ou syn­thé­tiques, sont pré­sentes par­tout — à la mai­son et au tra­vail. Certaines sont recon­nues comme repro­toxiques : elles peuvent affec­ter la fer­ti­li­té, per­tur­ber le dérou­le­ment de la gros­sesse ou le déve­lop­pe­ment de l’en­fant. Dès le pro­jet de gros­sesse, il est impor­tant de les repérer.

Exemples d’expositions concernées

🏠 Entretien ménager

Sprays, aéro­sols, pro­duits déta­chants, cires, pro­duits de net­toyage multi-usages.

🔧 Bricolage

Peintures, ver­nis, colles, résines, diluants, pro­duits déca­pants, pro­tec­tion du bois, plomb.

🌱 Agriculture / Jardinage

Désherbants, pro­duits de trai­te­ment des mala­dies des plantes, lutte contre les nui­sibles, pro­duits vétérinaires.

💄 Esthétique

Colorations capil­laires, sprays, laques, huiles essen­tielles à haute concentration.

Pictogramme danger reproduction

Un pic­to­gramme à repé­rer. Sur l’é­ti­quette d’un pro­duit chi­mique, ce sym­bole alerte sur un risque grave pour la san­té. Recherchez les men­tions « Peut nuire à la fer­ti­li­té ou au fœtus » ou « Susceptible de nuire à la fer­ti­li­té ou au fœtus ». Il est for­te­ment recom­man­dé aux femmes enceintes d’é­vi­ter ces produits.

À noter : l’ab­sence de pic­to­gramme ne garan­tit pas l’in­no­cui­té d’un pro­duit. Il convient de limi­ter au maxi­mum l’u­ti­li­sa­tion de pro­duits chi­miques pen­dant la grossesse.

28%
des sala­riées sont expo­sées à au moins un agent chi­mique par semaine (SUMER 2010)
9%
à au moins 3 agents chi­miques simultanément
12%
à un sol­vant

🛡️ Se protéger

  • Substituer le pro­duit dan­ge­reux par une alter­na­tive moins nocive — c’est la mesure la plus efficace.
  • Privilégier la pré­ven­tion col­lec­tive (ven­ti­la­tion) sur les EPI (masques, gants) dont l’ef­fi­ca­ci­té est sou­vent imparfaite.
  • Lire les éti­quettes et res­pec­ter les moda­li­tés d’u­ti­li­sa­tion indiquées.
  • Informer son méde­cin du tra­vail pour éva­luer le poste et mettre en place des mesures adaptées.
Ressource INRS — Grossesse et pro­duits chimiques →

Principaux secteurs concernés

Agriculture Bâtiment Esthétique & coiffure Industrie chi­mique Métallurgie Imprimerie Nettoyage Santé Travail du bois Métiers d’art
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Risques phy­siques

Contraintes physiques et grossesse

Les risques phy­siques au tra­vail regroupent un ensemble de contraintes pou­vant affec­ter la gros­sesse et la fer­ti­li­té : pos­tures, efforts, condi­tions d’am­biance. Selon l’en­quête SUMER 2017, 1 femme sur 3 est expo­sée à au moins une contrainte phy­sique intense au travail.

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Station debout prolongée

Augmente le risque de pré­ma­tu­ri­té et de faible poids de nais­sance. Pauses toutes les 30 min recom­man­dées, port de bas de conten­tion sur prescription.

Secteurs : esthé­tique, res­tau­ra­tion, san­té, vente, nettoyage
📦

Manutention de charges

Le port de charges lourdes aug­mente le risque d’ac­cou­che­ment pré­ma­tu­ré. Le Code du tra­vail inter­dit le port de charges > 25 kg pen­dant la grossesse.

Secteurs : bâti­ment, san­té, vente, manutention
🔊

Bruit

Les bruits basses fré­quences sont les plus néfastes pour le fœtus, par­ti­cu­liè­re­ment au 3e tri­mestre : pertes audi­tives, faible poids de nais­sance, prématurité.

Secteurs : indus­trie, agri­cul­ture, avia­tion, musique, BTP
〰️

Vibrations

Deux types : vibra­tions mains-bras (tron­çon­neuses, mar­teaux-piqueurs) et vibra­tions corps entier (engins de chan­tier). Aménagement de poste nécessaire.

Secteurs : agri­cul­ture, BTP, trans­port, industrie
🌡️

Chaleur excessive

Chez l’homme, l’é­lé­va­tion de tem­pé­ra­ture tes­ti­cu­laire réduit la concen­tra­tion et la mobi­li­té des sper­ma­to­zoïdes. Les effets dépendent de la fré­quence et de la durée d’exposition.

Secteurs : bou­lan­ge­rie, fon­de­rie, pom­piers, transport
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Champs électromagnétiques

Rayonnements non ioni­sants. À ce jour, pas de preuve d’ef­fets sur la gros­sesse à des niveaux régle­men­taires, mais le prin­cipe de pré­cau­tion s’ap­plique pour la femme enceinte.

Secteurs : san­té (IRM), élec­tri­ci­té, télécommunications

🛡️ Se protéger

  • Contacter son méde­cin du tra­vail dès la décla­ra­tion de gros­sesse pour éva­luer la com­pa­ti­bi­li­té du poste.
  • Des amé­na­ge­ments de poste sont sou­vent pos­sibles : chan­ge­ment de machine, limi­ta­tion de la manu­ten­tion, pauses audi­tives allongées.
  • Le Code du tra­vail pré­voit la pos­si­bi­li­té d’un chan­ge­ment tem­po­raire d’af­fec­ta­tion sur pres­crip­tion du méde­cin du travail.
  • Pour la cha­leur chez l’homme : évi­ter posi­tion assise pro­lon­gée avec jambes croi­sées, vête­ments ser­rés, ordi­na­teur por­table sur les cuisses.
🦠
Risque bio­lo­gique infectieux

Agents biologiques et grossesse

Bactéries, cham­pi­gnons, virus et para­sites : cer­tains agents bio­lo­giques sont par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux pour la femme enceinte. Les infec­tions durant la gros­sesse peuvent per­tur­ber son bon dérou­le­ment — accou­che­ment pré­ma­tu­ré, mal­for­ma­tions — selon l’agent en cause et le stade de la grossesse.

🔬 Agents particulièrement à risque

  • Rubéole (si non immunisée)
  • Cytomégalovirus (CMV)
  • Varicelle-zona
  • Toxoplasma gon­dii (toxo­plas­mose)
  • Listeria mono­cy­to­genes
  • Parvovirus B19
⚠️ Tout épi­sode de fièvre (T > 38°C) chez la femme enceinte doit être sur­veillé de près. La fièvre peut entraî­ner un avor­te­ment, un accou­che­ment pré­ma­tu­ré, un retard de crois­sance ou un décès fœtal. 
30%
des femmes qui tra­vaillent sont expo­sées à des agents bio­lo­giques dans le cadre de leur acti­vi­té pro­fes­sion­nelle (SUMER 2017)

🛡️ Se protéger

  • Laver soi­gneu­se­ment les fruits et légumes avant consommation.
  • Bien cuire la viande ; évi­ter char­cu­te­rie, viande et pois­son crus, fro­mages au lait cru, œufs peu cuits, crustacés.
  • Respecter rigou­reu­se­ment les règles d’hy­giène défi­nies pour votre poste de travail.
  • Porter les pro­tec­tions adap­tées (blouses, masques) lorsque nécessaire.
  • Éviter les contacts avec les liquides bio­lo­giques et ren­for­cer l’hy­giène des mains.
  • Éviter les contacts rap­pro­chés avec des per­sonnes malades ou fiévreuses.
Ressource Ameli — Grossesse et infections →

Principaux secteurs concernés

Santé humaine Santé ani­male Biologie médi­cale Petite enfance Enseignement Agriculture
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Rayonnements ioni­sants

Radiations et développement embryo-fœtal

Les rayon­ne­ments ioni­sants (rayons X, radio­ac­ti­vi­té) peuvent péné­trer les tis­sus vivants et endom­ma­ger les cel­lules. Ils concernent un nombre res­treint de tra­vailleurs dans des domaines spé­cia­li­sés, où les mesures de pré­ven­tion sont habi­tuel­le­ment bien défi­nies. À ne pas confondre avec les ondes élec­tro­ma­gné­tiques (radio, télé­pho­nie mobile, micro-ondes) qui ne sont pas ionisantes.

📊 Effets selon la dose et le stade

Les effets indé­si­rables n’ap­pa­raissent pas à la moindre expo­si­tion. Ils dépendent de la dose reçue et du stade de la gros­sesse. Des effets plus impor­tants sont obser­vés en début de grossesse :

  • Risque aug­men­té de malformations
  • Retards de croissance
  • Fausses couches
  • Cancers chez l’en­fant puis à l’âge adulte

🛡️ Se protéger

  • Informer dès que pos­sible son employeur et son méde­cin du tra­vail de la grossesse.
  • Le Code du tra­vail consi­dère l’en­fant à naître comme une per­sonne du public : la dose sup­plé­men­taire durant le reste de la gros­sesse doit res­ter aus­si faible que rai­son­na­ble­ment possible.
  • Une éva­lua­tion des risques spé­ci­fique au poste doit être réa­li­sée dès la décla­ra­tion de grossesse.
  • S’éloigner de la source per­met de réduire l’in­ten­si­té des rayonnements.
Ressource IRSN — Travailleuses enceintes et rayonnements →

Secteurs concernés

Domaine nucléaire Aviation Radiologie médi­cale Médecine nucléaire Soins den­taires Médecine vété­ri­naire Recherche phar­ma­ceu­tique Soudage indus­triel
Bon à savoir : la régle­men­ta­tion enca­drant les rayon­ne­ments ioni­sants est par­mi les plus pré­cises en matière de pro­tec­tion des tra­vailleuses enceintes. Si vous avez un doute sur votre niveau d’ex­po­si­tion, par­lez-en à votre supé­rieur et/ou méde­cin du travail. 
😰
Risques orga­ni­sa­tion­nels et psychosociaux

Organisation du travail et santé reproductive

Les horaires de tra­vail, le stress et les vio­lences au tra­vail ont une influence docu­men­tée sur la fer­ti­li­té et le dérou­le­ment de la gros­sesse. Ces risques sont sou­vent sous-esti­més, alors qu’ils concernent tous les sec­teurs d’ac­ti­vi­té.

🌙 Horaires décalés et travail de nuit

Le tra­vail de nuit et le tra­vail pos­té (équipes se relayant sur un même poste) semblent aug­men­ter le taux de fausses couches et d’ac­cou­che­ments pré­ma­tu­rés. Le tra­vail déca­lé a par ailleurs une inci­dence sur les hor­mones sexuelles et donc sur la fertilité.

  • Fatigue, anxié­té, irri­ta­bi­li­té : risque accru de fausse couche
  • Faible poids de nais­sance et pré­ma­tu­ri­té pour le fœtus

Le Code du tra­vail per­met à une sala­riée enceinte de deman­der à être affec­tée à un poste de jour pen­dant la durée de sa grossesse.

Quiz INRS — Travail de nuit et tra­vail posté →

😤 Stress et violences au travail

Surcharge de tra­vail, manque de recon­nais­sance, dif­fi­cul­tés à conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et per­son­nelle, vio­lences au tra­vail : la lit­té­ra­ture scien­ti­fique montre que le stress pro­fes­sion­nel peut aug­men­ter le risque de fausse couche, d’ac­cou­che­ment pré­ma­tu­ré et de faible poids à la naissance.

L’employeur a l’o­bli­ga­tion d’as­su­rer la sécu­ri­té et de pro­té­ger la san­té phy­sique et men­tale des tra­vailleurs — pré­ve­nir et réduire les situa­tions de stress, har­cè­le­ment et vio­lence relève de sa responsabilité.

🛡️ Se protéger

  • Demander un amé­na­ge­ment des horaires en accord avec le méde­cin du tra­vail et l’employeur.
  • Pratiquer une acti­vi­té régu­lière (marche, nata­tion) pour pré­ser­ver sa san­té mentale.
  • Planifier ses tâches, délé­guer quand c’est pos­sible, s’ac­cor­der des pauses.
  • Limiter les dépla­ce­ments pro­fes­sion­nels éprouvants.
  • Se tour­ner vers un pro­fes­sion­nel de san­té ou le méde­cin du tra­vail pour en discuter.

Secteurs concernés

Tous sec­teurs Santé Restauration Transport Sécurité Services & contact public Industrie agroa­li­men­taire

Évaluez vos expositions professionnelles

Le repé­rage des expo­si­tions pro­fes­sion­nelles à risque est effec­tué quelle que soit la moda­li­té de prise en charge que vous choississez.